Le Conseil des ministres a approuvé en première lecture l’introduction d’une norme énergétique fédérale destinée à réduire le handicap de coût de l’électricité pour les industries électro-intensives. Une décision attendue par de nombreuses entreprises wallonnes, directement confrontées à des coûts énergétiques plus élevés que ceux de leurs concurrentes étrangères.

Pour une partie importante de l’industrie wallonne, le prix de l’électricité est devenu un facteur déterminant de compétitivité. Les coûts plus élevés qu’en France ou en Allemagne pèsent sur les marges, ralentissent les décisions d’investissement et fragilisent l’emploi. Sans réponse ciblée, le risque de perte d’activités de production et de capacités industrielles est réel. Avec l’adoption en première lecture de la norme énergétique, le Gouvernement fédéral pose un premier jalon. Le mécanisme combine une réduction structurelle des tarifs de transport de l’électricité pour certains profils de consommation et l’application du cadre européen temporaire CISAF (Clean Industrial Deal State Aid Framework), adopté par la Commission européenne en juin dernier. L’objectif est de réduire l’écart de compétitivité des industries exposées à la concurrence vis-à-vis des pays voisins, tout en inscrivant le soutien public dans une logique compatible avec la transition énergétique.

Un soutien conditionné à des investissements concrets

Pour les entreprises wallonnes concernées, la norme énergétique repose sur une logique claire : le soutien est ciblé, plafonné et encadré par des règles européennes strictes. Dans le cadre du CISAF, l’allègement porte sur la composante énergétique de la facture d’électricité et est conditionné à des engagements précis. Les entreprises devront investir une partie significative de l’aide reçue dans des projets de décarbonation, d’efficacité énergétique et de flexibilité de la demande.

La norme énergétique ne se limite donc pas à amortir une hausse de coûts. Elle vise à renforcer la compétitivité industrielle tout en soutenant la modernisation des outils de production et l’adaptation aux objectifs climatiques.

Un enjeu décisif pour les entreprises wallonnes

Le budget annoncé, proche d’un milliard d’euros sur l’ensemble de la législature, témoigne de l’importance stratégique du dispositif. Il vise les entreprises électro-intensives les plus exposées à la concurrence internationale, pour lesquelles l’électricité représente une part déterminante des coûts de production.

Pour les entreprises wallonnes, l’enjeu est désormais celui de la mise en œuvre. Le cadre est posé, mais son impact dépendra de la rapidité, de la clarté et de l’efficacité de l’application dès 2026. Les

attentes du terrain sont nettes : des règles lisibles, des procédures simples et un calendrier sans ambiguïté.

Nous saluons cette avancée, qui répond à une demande de longue date de l’industrie wallonne. La norme énergétique constitue un premier pas important pour restaurer la compétitivité, sécuriser l’emploi et soutenir l’investissement industriel. La priorité est maintenant de traduire cette décision politique en résultats concrets pour les entreprises.