Mécénat d’entreprise : un engagement qui s’installe durablement

Écrit par Corinne BODART

28.03.2026

Longtemps perçu comme un geste ponctuel, le mécénat d’entreprise s’inscrit désormais dans une dynamique beaucoup plus structurée. C’est ce que révèle une enquête menée par Prométhéa et l’Observatoire des politiques culturelles auprès de 605 entreprises belges. Une tendance claire se dégage : l’engagement sociétal fait désormais partie du paysage entrepreneurial.

Aujourd’hui, 83 % des entreprises déclarent soutenir une forme de projet sociétal, que ce soit via le mécénat, le sponsoring ou les deux. Une entreprise sur deux pratique spécifiquement le mécénat.

Derrière ces chiffres, on observe un changement de posture. De plus en plus d’entreprises considèrent ces initiatives non plus comme un simple soutien externe, mais comme un prolongement de leur responsabilité sociétale et de leur ancrage territorial.

Culture, social, sport : un engagement diversifié

Les domaines soutenus sont variés. Les projets sociaux arrivent en tête (65 %), suivis de près par la culture et le patrimoine (63 %). Le sport, l’éducation et la recherche complètent ce paysage.

La place occupée par la culture mérite d’être soulignée. Dans un contexte budgétaire souvent contraint pour le secteur culturel, le soutien des entreprises devient un levier précieux.

Et ce ne sont pas uniquement les grandes entreprises qui s’engagent. Parmi celles qui soutiennent la culture et le patrimoine, 81 % comptent moins de 50 travailleurs.

Si le soutien financier reste majoritaire, de nombreuses entreprises vont désormais plus loin en mobilisant leurs ressources et leurs compétences. On parle alors de mécénat de compétences : ingénieurs, techniciens, architectes ou spécialistes mettent leur expertise au service de projets culturels ou sociétaux.

Cette implication plus concrète transforme la relation entre l’entreprise et le projet soutenu. Elle permet aussi de donner du sens à l’engagement des collaborateurs et de renforcer la cohésion interne.

À Charleroi, par exemple, la restauration des vitraux du hall du Zénobe Gramme, classés patrimoine exceptionnel de Wallonie, a été rendue possible grâce à un partenariat réunissant entreprises et acteurs publics.

À Liège, le bureau d’ingénierie Greisch met régulièrement son expertise technique au service d’artistes pour permettre la réalisation d’œuvres monumentales. Les ingénieurs accompagnent ces projets en réalisant les calculs de stabilité nécessaires à leur construction.

Autre illustration : les ateliers Melens & Dejardin, spécialisés dans les constructions métalliques, ouvrent leurs installations aux artistes pour transformer leurs créations en structures monumentales.

Un potentiel encore largement à développer

Malgré cette dynamique positive, le mécénat pourrait encore prendre de l’ampleur. Selon l’enquête, 73 % des entreprises déjà engagées estiment qu’un incitant fiscal spécifique renforcerait leur engagement.

Pour celles qui ne pratiquent pas encore le mécénat, les freins sont connus : manque d’information, moyens limités ou absence d’intérêt perçu.

Mais une chose est sûre : l’évolution est en marche. Pour de nombreuses entreprises, soutenir des projets culturels ou sociétaux n’est plus un simple geste ponctuel. C’est une manière concrète de contribuer au dynamisme de leur territoire et de donner du sens à leur action.  Une dynamique qui ne fait que commencer et ouvre la voie à de nouvelles entreprises prêtes, elles aussi, à inscrire leur engagement dans la durée.