Derrière la hausse vertigineuse de la fiscalité locale, des investissements et des emplois bien réels 

Écrit par Jean-Christophe DEHALU

12.02.2026

Depuis 2006, la Wallonie avait fait un choix clair : encourager l’investissement productif et l’emploi. Aujourd’hui, la réduction drastique de la compensation régionale dite « Plan Marshall » produit l’effet inverse, directement sur le terrain, dans les entreprises et dans les communes.

Depuis près de vingt ans, la Wallonie a fait le choix de soutenir l’investissement productif et l’emploi, notamment industriel.

C’est dans cet esprit qu’en 2006, une paix fiscale locale avait été assurée avec le lancement d’une compensation budgétaire de la Région wallonne envers ses communes en échange d’un arrêt de la perception de deux recette fiscale locale, le précompte immobilier sur le matériel et outillage, et la taxe sur la force motrice.

Ce mécanisme poursuivait donc un objectif simple : soutenir l’économie sans pénaliser les communes.

Un équilibre fortement compromis

Cet équilibre est aujourd’hui remis en question.

Pour rappel, depuis fin 2024, le système de compensation a été revu. Il n’est plus lié aux pertes fiscales réellement constatées par les communes, mais aux moyens budgétaires disponibles au niveau régional.

Concrètement, après un plafonnement en 2025, le budget de cette compensation est passé en 2026 de 102 millions d’euros à 57 millions. Une baisse importante, de 45 millions d’euros, lourde de conséquences pour les entreprises.

Cette diminution du budget crée un effet mécanique : l’exonération fiscale ne porte plus que sur les investissements postérieurs au 1er janvier 2021. Les pouvoirs locaux sont donc autorisés à prélever des additionnels au précompte immobilier sur le matériel et outillage, ainsi qu’une taxe sur la force motrice, sur tous les investissements antérieurs à cette date.

Or, et c’est tautologique, taxer les investissements, c’est les rendre l’investissement plus onéreux.

Sur le terrain, les premiers retours sont clairs : pour des milliers d’entreprises, les montants évoqués sont élevés, parfois très élevés. Face à une hausse soudaine des coûts fixes, les décisions sont rapides et concrètes :

  • Des investissements reportés, revus à la baisse, ou annulés
  • Des recrutements mis en pause, voir des licenciements
  • Une pression accrue sur l’activité de nombreux sites wallons.

À terme, ces choix auront un impact plus large sur la Wallonie, notamment via les pertes d’emploi et le report des investissements contributifs à l’effort de transition.

Une question de cohérence

La Wallonie affiche aujourd’hui une ambition forte : réindustrialiser son économie, attirer des investissements productifs, réussir la transition industrielle. Ces objectifs reposent sur des investissements lourds, en équipements et en infrastructures.

Renchérir ces investissements par une fiscalité locale accrue envoie un signal incompatible avec cette ambition. Au moment où la compétitivité et l’attractivité des territoires sont au cœur des priorités, la cohérence des politiques publiques est essentielle.

La position d’AKT : responsabilité et dialogue

AKT est consciente de la contrainte budgétaire qui pèse sur les finances publiques. La question n’est pas de refuser l’effort, mais de veiller à ce que celui-ci ne se fasse pas au détriment de l’investissement, de l’activité économique et de l’emploi.

Dans ce contexte, AKT poursuit deux objectifs clairs :

  • Au niveau local, éviter le retour de taxes qui fragiliseraient les entreprises et l’emploi dans les territoires.
  • Au niveau régional, réalimenter la compensation, dès l’ajustement budgétaire 2026 le temps de définir une solution pérenne

AKT travaille activement à des pistes de solutions concrètes, discutées dans cet esprit de concertation et de compréhension avec les autorités qui nous a toujours animé, afin de concilier contraintes budgétaires et réalité économique.